TIPHANIE:
"Je ne vais pas vous mentir, chers lecteurs, voilà des mois qu’Angélique me demande mon texte. Je crois même qu’elle me l’a demandé avant mon départ en Australie… Est-ce exact ou pas soeurette ?
Et pourtant, je pense souvent à m’atteler à cette belle écriture. Il y a une certaine peur derrière cette tâche que tu m’as demandée Angel’. Et pourtant tu connais mon rapport à l’écriture. Oui mais jusqu’à présent il s’est agi d’un rapport purement intime. Et ce texte que tu me demandes prend une dimension publique ; ne serait-ce que par le fait que tu seras amenée à le lire ainsi que Gaetano. Tu connais aussi ma position par rapport au mariage, à la fois civil et religieux… Il n’empêche que ce mariage est le tien. Et avec tout ce qu’il me tient à cœur, j’aimerais écrire pour toi un texte parfait ! Mais nul n’est dupe alors je m’efforce d’écrire le plus parfait des textes avec tous les défauts qu’il contiendra.
Quand je pense à ton texte, une phrase me vient immédiatement en tête : « Dicono di noi. » Etrange pour une italienne si française ? Non. Car il m’arrive souvent de penser en italien certaines choses, des choses intimes qui me ramènent à mes racines. Depuis toute petite, une seule personne m’a toujours ramenée à mes racines italiennes : ma sœur Angélique. Je me rappelle encore quand elle disait : « Moi quand je serai grande, je vivrai en Italie et je marierai avec un italien ! » Cette sœur voulait aussi étudier à la Sorbonne même si à l’époque elle voulait être journaliste. Cette sœur a toujours été présente. Je me suis construite contre elle ; si contre que je n’en étais jamais loin. Je l’ai suivie jusque dans les couloirs de sa bibliothèque universitaire. A cette époque, on avait déjà réalisé un de nos rêves communs : partager le même appartement. Sans m’en rendre compte, je crois que cette cohabitation a été un tournant dans notre relation fraternelle : on s’est créé notre quotidienneté. Celle-ci ne s’est pas fait sans heurts mais a engendré de moments qui n’appartiennent qu’à nous. Et pourtant à cette époque, je n’étais pas facile à vivre. Mais Angel a toujours su respecter cette part lugubre qui vivait en moi même si elle ne l’acceptait pas. Si bien qu’il y a si peu de choses que je n’ai pas partagées avec cette sœur…Cette sœur qui devenait de plus en plus mon autre.
Puis cette autre est partie un an en Italie pour être assistante de français dans un lycée à Crema. Avec toute la joie que j’ai pu ressentir pour ce beau projet, je savais qu’il serait pour moi très difficile à vivre et qu’il mettrait un terme à notre quotidienneté ! Je savais que j’allais perdre mon autre et ce fut le cas ! Quelle tristesse ! Je crois que c’est la seule période de notre vie durant laquelle nous ne nous sommes pas comprises. Mais ce que je ne savais pas c’est que nous allions construire une nouvelle relation, que j’allais découvrir une nouvelle personne ! Une angélique comblée par l’amour de son gaetan. Lorsque j’ai compris l’amour qui les unissait, je n’ai plus jamais pensé à Angélique de la même manière.
Depuis qu’Angélique a rencontré Gaetano, je pense à ma sœur qui a réalisé ses rêves. J’ai toujours admiré la capacité si précoce qu’elle a eu à se trouver. Même si elle en a douté, Angélique a toujours su qu’elle serait elle lorsqu’elle formera un « nous » avec l’homme de sa vie ! Et cet homme n’a jamais été bien loin : un italien qui porte son prénom au masculin.
Rencontrés en Italie par l’intermédiaire de Daniela, ils ont commencé à s’aimer le 24 janvier 2004. Parce qu’ils ont su vivre leur amour étapes par étapes, j’ai d’eux l’image d’un couple sain. Communication semble être leur maître mot, échange et compréhension la base solide de cet amour qui grandi doucement et sûrement. « Chi va piano va sano, chi va sano va lontano ! » L’enfance toujours présente en Gaetano a trouvé le caractère très maternelle d’Angélique. Et elle aime ça la coquine ! Tout comme Gaetano aime rassurer sa nature pessimiste ! Mais ce que je retiens de leur union, c’est qu’ils ont su se conserver un équilibre personnel en dehors de leur couple. Et n’est-ce pas en partie cela l’amour ? Réussir à construire un rythme de vie en commun tout en préservant le sien.
Aujourd’hui ils ont choisi d’unir leur amour devant leurs proches et au nom de leur croyance. Je ne peux que leur souhaiter de continuer à vivre leur amour tel qu’ils le font. Car je crois qu’ils ont trouvé quelque chose de rare : leur écho.
Et si dans le futur ils décident de vivre leur amour sur un rythme à 3, 4 ou 5 temps, je serais enchantée d’être la marraine de leurs petits marmots.
Angélique, Gaetano, je ne saurais conclure ce message…
Bien à vous,
Avec tout mon amour,
Tiphanie."
