Les parents se rencontrent une nouvelle fois.Vendredi 1er juin
Le stress est présent depuis un peu moins de trois jours à un point presque aussi élevé que la demande de fiançailles. La raison ? Une nouvelle rencontre entre les parents avec pour objectif la visite de la salle et les discussions pécuniaires. Tout ça, c'est pour demain, en attendant, c'est une soirée avec mes parents et ma douce qui se profile.
Comme toujours, l'accueil est chaleureux. En voyant leurs regards, on sent qu'ils l'ont adoptée. On discute, on rit devant le catch et les rêves brisés de ma chérie et l'heure venue, tout le monde se couche, le calme prend le pouvoir et certains yeux se ferment.
Le stress lui, s'insinue encore un peu plus dans ma tête. Deux jours, que vont-ils se dire, vont-ils apprécier la salle et suivre nos envies, je pense que oui, mais si jamais ça ne se passait pas aussi bien que pour les fiançailles ? Après tout, l'atmosphère était particulière, les larmes de circonstances jouaient forcement en la faveur d'une agréable communion mais demain ?
Alors les minutes passent, les corps bougent, se réveillent et se rendorment. Inconsciemment, c'est la peur qui les ronge, consciemment, c'est le bruit relatif de l'eau qui goutte à quelques centimètres de nos têtes. Finalement, la nuit prend fin, l'agitation surplombe le silence, c'est le jour "j", l'instant "t" qui prend toute son importance car je vis l'amour avec un grand "a".
La douche est prise, le départ est imminent. Dans les yeux de tous, de l'impatience, dans les miens, hormis cette admiration perpétuelle lorsque je vois celle que mon cœur à choisi, de l'appréhension. Quelques minutes après, la voiture s'élance pour un long périple de 2h. Première escale chez le fleuriste, pour mes parents, ça ne se fait pas d'arriver sans un bouquet de fleur digne de ce nom. Après une demi-heure, le goudron du périphérique est enfin foulé, il est 9h33.
Dans la voiture, tout est calme sur un fond de zouk qui me rappelle mon enfance. De temps à autre, une voix vient regrouper tout le monde, mais les sujets sont éphémères. Une heure plus tard, la panique s'installe chez ma moitié qui pense arriver en retard, craignant de déplaire à sa famille, mais mon père est serein. On sera à l'heure, lance-t-il et l'histoire montrera qu'il ne se trompera pas.
10h45, on quitte l'autoroute avec les grands signes de mon beau père. Le mécanisme est en marche et rien ne pourra l'arrêter. Pourvu que tout se passe bien, que nos deux familles si belles puissent, l'espace d'un instant, n'en former qu'une. Dix minutes après, la magie s'installe, les premiers sourires, les premières paroles, nos pères se tutoie, ce qui contraste avec nos mères, plus distantes, plus réservées.
Devant nous, la salle. Cet hôtel restaurant pour lequel nous avons eut le coup de foudre. De toute façon chez nous, c'est comme ça, un coup d'œil, un coup de chance, pour finir par un coup de foudre. Ce lieu est le notre car il est fidèle à notre histoire. Derrière ces murs, le temps semble s'arrêter pour les futurs mariés. C'est ici que dans un peu plus d'un an, ils vont se promettre l'un à l'autre, l'aube d'un important changement.
11h25. La patience est une vertu, l'employer est un art et après quelques essais moyennement fructueux, chacun d'entre nous commence l'œuvre d'art d'un weekend end réussi. Alors que les "femmes" s'en vont sur la terrasse, les "hommes" restent et discutent. C'est laborieux mais constructif et, après d'autres sourires, la visite peut commencer.
De suite, les regards changent, les étoiles brillent et les flashes crépitent. Ici, c'est chez nous et aujourd'hui, c'est un symbole. Nous tous, réunis dans ce qui restera à jamais l'un de nos meilleurs souvenirs. C'est presque trop court, mais l'émotion était présente. Emerveillés, nous nous en allons déjà du côté d'Etercy pour une retraite bien méritée.
Dès lors, l'appréhension disparait. La présentation des enfants et des quartiers effectués, c'est l'heure de l'apéro. Au menu, comparaison de divx, Marie devient Marine puis Karine dans la bouche de mon père et déjà, la ressemblance s'affiche. Nos deux familles sont les mêmes, les mêmes valeurs, les mêmes modèles, le tout donnant une certaine connivence.
Des éclats rires naissent les premiers liens qui ne cesseront de se renforcer. Au terme d'un délicieux repas que je savoure en y repensant, la suite est écrite, il est 15h00 et la visite d'Annecy s'impose pour nous tous. C'est un véritable plaisir de voir tout le monde heureux, concerné. Durant le repas, j'ai essayé tant bien que mal de montrer à tous mon amour pour eux. Que ce soit mes parents, mes beaux parents, mes beaux frères, j'ai ressenti à ce moment précis une immense fierté d'avoir pu entrer chez eux. Le souvenir de la première rencontre me revient, c'est loin et à la fois proche. J'aime.
Les parents d'un côté, les enfants de l'autre. Rendez vous sur Annecy où, une fois sur place, les premières vannes sur mon état boiteux fusent. Le contraire aurait été étonnant, et la conséquence marrante. C'est aussi cela que j'aime chez eux, ce besoin de rire, c'est envie de plaisanter... J'aime toujours.
La visite est sympathique, deux groupes se forment, les hommes et les femmes. Après une petite escale surprise pour mon père au rayon des souvenirs vieux de 20 ans, la route continue. La glace est bonne, d'autant plus qu'elle à été brisée avec délicatesse. Les rires continuent, les échanges aussi. C'est fou ce qu'on peut se sentir bien dans une ambiance aussi magique...
Que dire alors de la suite ? Comment commenter ce que j'ai vu ce soir là ? Je ne sais pas, alors je ne le ferais pas. Je me contenterais de me dire que des moments comme samedi soir, ça ne se vit qu'une fois. Non seulement j'aime, mais j'en redemande.
La nuit passe et déjà le réveil sonne. Les parents ont discutés mariage et ça semble s'être bien passé. C'est très important pour moi. En plus d'épouser mon petit hérisson, je tenais à ce que nos deux familles "s'épousent" aussi. Mission accomplie.
Le temps des au revoir arrive très vite et mon seul regret c'est que ceux-ci ne se soient pas fait dans un cadre plus intimiste. Peu importe finalement, l'essentiel est là dans ces mots, j'ai trouvé une famille d'accueil et j'en ai offert une à ma future femme. Des familles dans lesquelles on se sent bien, loin de toute animosité et autres plaies qui pourrissent parfois notre quotidien. Non, ce monde dans lequel les 6 acteurs principaux ont évolués est différent. C'est un plaisir, une douceur, un dessert sucré.
Quand j'étais plus jeune, je rêvais de ce moment et ce que je peux dire pour conclure, c'est que dans mes songes, c'était loin d'être aussi parfait...
En espérant que je ne sois pas le seul à être emballé...
Message déposé le 05.06.2007 à 17:08 - Commentaires (0)
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