“On peut avoir le dernier mot avec une femme, à condition que ce soit oui". Alfred de Musset
Bien sûr, s’affichent en tête de liste les mots d’amour. Une évidence. Mais lorsqu’on aborde la phase décisive de la préparation du mariage, ces mots-là entrent en compétition frontale avec d’autres mots, qui se multiplient sur des supports plus ou moins inattendus. Ils s’étalent, griffonnés en caractères nerveux sur des listes crayonnées, annotées, barrées ; en vrac, quasi illisibles, sur un coin d’agenda, un ticket de bus, un ticket de caisse ; en farandole de post-it collés de-ci, de-là, sur la glace de la salle de bains, l’abat-jour du salon, la porte du micro-ondes, le chevet de la chambre, la couette du lit… Bref, ils envahissent l’espace, bousculant les mots doux, entraînant des maux de toute espèce pas doux du tout. Angoisse, stress, céphalée, dispute, énervement. Même si, dorénavant, des sites Internet, des logiciels, des organisateurs de mariages sont là pour assister les couples afin qu’ils ne perdent pas de vue l’essentiel, les futurs mariés actuels sont ainsi faits, leurs noces les obsèdent. Quitte à occulter l’essentiel, l’amour, l’amour, l’amour, et les attentions de chaque instant qu’il mérite. Un mot doux par jour, écrit ou susurré pour tenir à distance ces affreux maux du quotidien. C’est bien, non ? Oui, oui, oui, un tout petit défi à se fixer, à relever. Pour simplement s’aimer, se le dire et se l’écrire. Sans fioriture, sans malice, sans grandiloquence. Comme ça, en passant. Comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir.
