Bon ! Soyons sincère… Choisir un costume, ce n’est pas sorcier, mais quelle corvée !
Tant de temps perdu chez un pseudo-couturier, qui se donne des airs de madone ou un vendeur de calbutes, à la petite sauvette. Cette idée me donne de la sueur froide au ventre, surtout qu’il fait chaud et très humide en Guyane française.
Quand je sais qu’il va falloir que j’enfile au moins trois couches de vêtements, une multitude de fois, dans un temps relativement court, il vaut mieux se préparer, mentalement et physiquement, au parcours du combattant !
Allongé dans un hamac, j’aurais pu siroter un cocktail, tranquille et regarder d’un œil discret un magazine à la mode qui nous présenterait la collection 2008 des modèles de mariés ; autant dire quelques tarlouzes bodybuildées pré-pubères.
… Ou, dans les méandres fous de la forêt guyanaise, j’aurais pu gambader, m’y perdre un peu, beaucoup.
Mais voilà la réalité frappe à ma porte, d’ailleurs, c’est surtout l’impatience de Virginie qui cogne à mon comptoir et à la recherche de la perle rare, mes pas de forçat me conduisent au seuil d’un magasin sur Cayenne, le seul pour trouver un costard trois pièces, qui me convienne et croyez moi la tâche n’est pas des plus plaisantes.
Ah ! Ah ! Pourquoi s’est-on déplacé à Cayenne ? J’avais déjà des idées précises : un peu d’originalité dans la coupe, un zeste d’insouciance et des tons qui s’accordent avec les couleurs de Guyane : soleil, soleil, tu me tiens. L’important, c’est de se sentir bien dedans. Vu mes exigences, un coup de fil aurait certainement suffi !
Quand je pense au temps mis par Virginie pour choisir sa robe ! Près de quatre mois et bien des aller-retours « Kourou-Cayenne » ! Je suis bien obligé de sourire… Car pour moi, deux séances d’essayage seront bien suffisantes.
Non que l’exercice ne me déplaise… Si, si je joue un peu les hypocrites… Mais le choix est limité : un seul magasin, nommé « CARIOCA » sur Cayenne et ma détermination est certaine. Je le répète, une communication téléphonique ou multimédia aurait suffi.
Pour l’instant, en moins de vingt minutes, montre en main, passées dans un corridor dont les murs sont tapissés de costumes divers, des sombres, des clairs, des multitudes de tissus entassés ça et là, l’idée de mon futur habillement s’est inscrite en moi et je n’en démordrai pas.
Même si Virginie ne veut pas me divulguer les secrets de sa robe de mariée, pour ma part, je trouve capital qu’elle soit présente lors de mes essayages.
Elle voulait que je m’habille en catimini, en compagnie de l’une de ses meilleures amies. Quelle idée saugrenue !
Virginie connaît sa robe, elle a pleinement conscience des tons des décorations et a de très bons goûts vestimentaires. Elle peut donc légitimement me conseiller et me conforter dans mes choix. J’ajouterai que cet exercice n’a pas l’air de lui déplaire.
Je vous quitte. A la fin du mois, après une seconde visite, je serai enfin vêtu pour le mariage.
Virginie dormira plus facilement, je l’espère.
Bruno
